SMP et GROSSESSE.

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sergio
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SMP et GROSSESSE.

jeu. nov. 05, 2009 7:36 pm

Certaines nouvelles venues sur le site de notre association se posent encore des questions sur ce sujet.
Le texte ci-dessous, écrit par l'équipe d'hématologie de l'hôpital PURPAN de TOULOUSE répond assez bien
à vos questions. Bonne lecture.






POLYGLOBULIE PRIMITIVE, THROMBOCYTEMIE ESSENTIELLE
et PROCRÉATION
Chez la femme


Les recommandations pour la prise en charge de la grossesse au cours des SMP ont pour but d’aider les thérapeutes mais ne peuvent avoir « force de loi », car établies sur la base d’études rétrospectives, portant sur de courtes séries non exhaustives. Les recommandations pour la PV et la MF sont extrapolées des données acquises dans la TE, dont l’âge de survenue explique un plus grand nombre de grossesses rapportées
(respectivement autour de 20, 5 et 300), et aussi de pathologies voisines comme le syndrome des anti-phospholipides.

1- nature du risque

a. complications obstétricales : fausse-couche précoce (30 % des cas soit 2 fois
plus que dans la population générale), perte foetale aux 2ème et 3ème trimestres
(moins de 5% à 20% des cas), prématurité (10% des cas), hypotrophie
foetale, éclampsie, hématome rétro-placentaire
b. complications maternelles : accidents thrombotiques et hémorragiques

2- objectifs thérapeutiques

a. la normalisation des taux d’Hb ou PQ semble un objectif raisonnable, même
s’il n’y a pas de preuves de l’intérêt de ramener la numération PQ à moins de
1.000.000 /mm3. Un argument pour la normalisation est représenté par la
réduction du risque hémorragique par Willebrand acquis.
b. la numération PQ et le taux d’Hb diminuent spontanément durant la grossesse
dans plus de la moitié des cas.
c. le post-partum est une période de haut risque pour la mère, du fait en
particulier d’un rebond PQ.

3- suivi de la grossesse

a. avant la conception si possible : recherche de thrombophilie
b. pendant la grossesse :
i. numération PQ mensuelle jusqu’à la 24ème semaine puis bihebdomadaire
ii. suivi obstétrical en milieu spécialisé dans la prise en charge des
grossesses à risque, avec échographies et doppler des artères
utérines répétés
c. à l’accouchement :
i. éviter la déshydratation
ii. anesthésie péridurale déconseillée
d. en post-partum
i. allaitement maternel déconseillé en fonction du traitement nécessaire
ii. numération PQ bi-hebdomadaire jusqu’à 6 semaines

4 conduite du traitement

a.cytoréduction : l’HU est déconseillé bien que certaines grossesses aient pu être menées avec succès avec ce traitement. Les autres agents
chimiothérapiques sont interdits, ainsi que l’Anagrelide. Ces médicaments
doivent être si possible arrêtés 6 mois avant la conception. Lorsqu’une
cytoréduction est nécessaire autour de la conception et/ou pendant la
grossesse, l’Interferon Alpha (IFN) est l’agent de choix, de par une absence
avérée de tératogénicité. Il est administré à la dose de 3.000.000 UI/j deux à
trois jours /semaine.
b. traitement anti-thrombotique.
Il dépend des antécédents et facteurs de risque
de thrombophilie. Dans la majorité des cas, il repose sur l’Aspirine à faible
dose, dont il a été montré que sa prescription systématique améliorait le
pronostic obstétrical. L’Aspirine est arrêtée au moins une semaine avant le
terme et remplacée par une HBPM à dose prophylactique ou curative selon le
contexte, poursuivie jusqu’à 6 semaine du post-partum. Le port de bas de
contention est également recommandé. L’adjonction de vitamine C et E à
visée anti-oxydante a pu être proposée.
Je suis le président de ALTE-ASSO.
n'hésitez pas à me questionner par mail, par message privé ou par téléphone au 0981377212

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